L’Éducation des Adultes à l’Ère de l’Accélération : Contre l’Obsolescence Précoce

Alors que je me prélassais au soleil pendant mes vacances d’été, cocktail en main et lunettes de soleil bien ancrées sur le nez, j’ai décidé de me plonger dans une lecture légère et décontractée : « Philosophie Magazine ». Oui, je sais, rien de tel qu’un peu de philosophie pour agrémenter une journée de farniente à la plage ! Et comme la vie a ce sens de l’humour si particulier, c’est au milieu de cet élixir intellectuel que je suis tombé sur une citation qui m’a fait réfléchir (et presque renverser mon cocktail) : « Dans un siècle d’accélération, il faut se méfier d’une éducation qui vouerait les individus à une obsolescence précoce, en les rendant hermétiques à la nouveauté ». Voilà donc le sujet d’une bonne réflexion, voire d’un petit article. Après tout, qui a dit que les vacances étaient faites pour déconnecter complètement ?! 😉

L’ère moderne se caractérise par une accélération sans précédent de l’information, de la technologie et du changement social. Dans ce contexte, la citation « Dans un siècle d’accélération, il faut se méfier d’une éducation qui vouerait les individus à une obsolescence précoce, en les rendant hermétiques à la nouveauté » prend tout son sens. La formation des adultes, loin d’être un luxe, est devenue une nécessité pour rester pertinent et compétent dans un monde en perpétuelle mutation.

L’obsolescence précoce des savoirs, un danger à éviter

La notion d’obsolescence précoce dans le contexte de l’éducation renvoie à l’idée que ce que l’on apprend aujourd’hui pourrait ne plus être pertinent demain. Si l’éducation se concentre uniquement sur les compétences et connaissances spécifiques du moment, sans développer une capacité d’adaptation et de réapprentissage, elle risque de rendre les apprenants obsolètes dès l’émergence d’une nouvelle tendance ou technologie.

Frédéric Nietzsche et le dilemme du Savoir

Frédéric Nietzsche, dans ses réflexions sur la connaissance, posait une observation troublante : si nous devions rencontrer un Grec du grand siècle à Athènes, nous le jugerions très inculte1, tandis que les Grecs nous verraient comme des encyclopédies sur pattes. Cette perspective met en lumière le danger d’une surabondance de savoir sans la sagesse ou le discernement pour l’appliquer. L’éducation, en ce sens, ne devrait pas seulement être une accumulation de faits, mais un moyen d’apprendre à penser, à interroger et à s’adapter.

La formation continue, une nécessité

Aujourd’hui, l’apprentissage ne s’arrête pas à la fin de nos études formelles. Il est continu, en réponse à l’évolution constante de notre environnement. Les adultes, qu’ils soient professionnels, parents, ou simplement citoyens, doivent constamment mettre à jour leurs compétences et leurs connaissances pour rester pertinents. La formation continue est donc une réponse à ce défi, en offrant des opportunités d’apprentissage tout au long de la vie.

Cultiver l’ouverture à la nouveauté

Être hermétique à la nouveauté, c’est refuser le progrès et se cloisonner dans un passé qui n’existe plus. L’éducation des adultes devrait, par conséquent, non seulement fournir des connaissances et compétences actualisées, mais aussi cultiver une mentalité d’ouverture, de curiosité, et d’adaptabilité. C’est en développant cette mentalité que nous pourrons faire face aux défis inattendus de l’avenir.

In fine

L’époque actuelle, avec sa vitesse grand V, nous pousse à constamment apprendre. Mais comme Nietzsche l’a habilement pointé, il ne s’agit pas de devenir une encyclopédie ambulante. Alors, cherchons un équilibre dans notre quête de savoir : mieux vaut être le sage au cocktail qui inspire par sa réflexion que le bavard qui énumère des faits à la chaîne. Après tout, qui veut ressembler à un Wikipédia sur pattes lors d’un dîner entre amis? 😄

  1. « De l’utilité et des inconvénient des études historiques pour la vie », Nietzche,1874 https://fr.wikisource.org/wiki/De_l%E2%80%99utilit%C3%A9_et_de_l%E2%80%99inconv%C3%A9nient_des_%C3%A9tudes_historiques_pour_la_vie ↩︎

2 réflexions sur “L’Éducation des Adultes à l’Ère de l’Accélération : Contre l’Obsolescence Précoce

  1. Réflexion intéressante, surtout pendant les vacances !
    C’est un sujet qui m’interroge chaque rentrée : pourquoi continuer à imprimer des manuels scolaires alors qu’on a internet ?
    Mieux vaut apprendre à se servir de cet outil (et des risques associés : ce n’est pas parce qu’on la trouve e sur internet que c’est vrai) que de faire porter un cartable de 10 kg à CHAQUE enfant non ?
    C’est aussi une interrogation que j’ai quand concernant la gestion des es compétences sur un projet, une equipe. Souvent on s’auto évalue sur les compétences qu’il faut pour tenir notre poste. Si ce n’est pas remis en question par un pair, un (autre) spécialiste, comment être sûr qu’on est au niveau ? Alors que TOUT évolue tout le temps ?! C’est pour ça que c’est très enrichissant de travailler avec la cellule innovation et des stagiaires : ils cherchent et savent apprendre ! L’émulation sur les sujets innovants avec eux c’est gagnant-gagnant. On les forme et ils nous déformatent.
    Enfin, un outil de montée en compétences par la pratique, enrichi grâce au passage de stagiaires et sur lesquels les consultants entre deux missions travaillent peut raiment aider en ce sens.
    Je te montre quand tu veux 😉

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    1. Merci pour ton retour aussi détaillé et passionné ! 🌟

      Je suis totalement sur la même longueur d’onde concernant les manuels scolaires. Comme le disait Montaigne, « Mieux vaut une tête bien faite qu’une tête bien pleine. » Si on parvient à cibler mieux les savoirs, non seulement on réduira le poids des cartables, mais aussi la surcharge mentale des élèves. Cette approche plus qualitative est cruciale pour fournir aux élèves les outils nécessaires pour évoluer dans un monde en rapide mutation. Ils doivent être préparés à naviguer à travers plusieurs ruptures technologiques au cours de leur vie.

      Ah, et parlons un peu des outils numériques ! Dans un monde où nos chères têtes blondes swipent avant même de savoir parler, il est essentiel de les former avec des outils numériques adaptés. C’est leur réalité, leur quotidien, et ironiquement, pendant que certains enseignants se montrent réticents à l’intégration du numérique en classe, ils sont souvent les mêmes à publier leur dernier selfie sur Instagram ou à chercher le synonyme d’un mot sur leur smartphone plutôt que de dépoussiérer le bon vieux dictionnaire. Oh, les joies du 21ème siècle !

      En ce qui concerne l’évaluation des compétences, tu pointes du doigt un enjeu majeur. L’auto-évaluation a ses limites, et l’échange avec des pairs et des experts est vital pour garder une longueur d’avance. La mise en place de temps de partage des pratiques entre les pairs et les différentes équipes est essentielle. Ces moments de collaboration et d’échange enrichissent considérablement les compétences de chacun, favorisant une montée en compétence collective et adaptative. La dynamique avec des stagiaires, par exemple, est un formidable moyen d’encourager cette croissance mutuelle. J’adore ta perspective : « On les forme et ils nous déformatent. »

      L’outil que tu mentionnes pique vraiment ma curiosité. J’aimerais beaucoup en apprendre davantage. Discutons-en quand tu veux ! 😉

      Merci encore pour ton commentaire et ton enthousiasme sur le sujet !

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