Le numérique au service de l’apprentissage mais pas le contraire !

Innovation, nouvelles technologies, numérique, intelligence artificielle, réalité augmentée, réalité virtuelle… Autant de « mots promesses » d’entrer dans une nouvelle ère d’humanité !
Je ne vais pas me lancer dans un débat philosophique sur les biens faits ou les travers du numérique, car je serais hors sol :)il s’agit ici de démasquer les faux prophètes du « New Age numérique », ces gens qui vont vous promettre des changements radicaux sur la façon d’enseigner aux élèves, qui vont vous faire passer pour des « has-been de la formation » à grand coup de « courbe de l’oubli », parcours individualisés ou de « Doing It Yourslef ». Saupoudré de théories fumeuses, invérifiables totalement sorties de leurs contextes, à grands coups de carnet d’adresses de clients plus prestigieux que vous (les fameux logos en bas de pages). Pire que les vendeurs du télé-achat du matin, on veut nous vendre de la prestation numérique de formation, mais comme le temps de la propriété est révolu, ce sont souvent des abonnements hors de prix qui rendent les clients captifs d’une solution qui terminera souvent au cimetière des applications.
Pousser du numérique dans une salle de classe ou dans une formation pour adulte n’a aucun sens s’il n’est pas un outil utile aux objectifs pédagogiques visés par le cours, le TP ou le TD. Combien d’appareils innovants aux promesses époustouflantes dorment dans les placards de nos cuisines ? Pourquoi ?

Autopsie d’une cuisine :

L’été varois est propice aux barbecues salades. En début de saison 2018, des publicités faisaient l’éloge d’un coupe légumes révolutionnaire qui allait modifier en profondeur nos modes de vie en nous faisant gagner du temps et en nous forçant à manger plus sainement grâce à la facilité de préparation de nos salades. Ulysse a eu la présence d’esprit de se faire attacher au mât afin de résister à l’appel des sirènes. Pas de corde, pas de mât, j’ai donc acheter l’appareil…

Résultat, à moins d’avoir des quantités de salade à préparer dignes d’une collectivité, le fameux outil révolutionnaire m’a coûter plus de temps que le simple couteau, entre la préparation des légumes et le nettotage du nombre impressionnant des pièces de l’appareil ! J’aurais du m’en référer à Khaby Lame véritable philosophe du bon sens !!!

Et oui, un manuel utilisateur à lire, une prise à brancher et 5 éléments à nettoyer suffisent à laisser la dernière râpe électrique au placard au profit de la râpe à main, surtout pour deux carottes !

Il suffit d’ouvrir les placard des cuisines pour s’en rendre compte !!!

Un coût cognitif rationnel !

Nous sommes ainsi faits, nous calculons en permanence, plus ou moins consciemment, si une sortie de notre zone de confort est envisageable. Est-ce que la gazelle est suffisamment facile à chasser pour que j’interrompe ma sieste ? Dans une équipe de formateurs, nous avons importé un logiciel de chaîne éditoriale recontré lors d’un Benchmark, la promesse initiale était : une seule écriture pour une multitude de documents !

Résultat, seulement deux sur les dix formateurs ont réellement pris en main le nouveau logiciel. Effectivement le passage de la suite bureautique américaine à la superbe chaine éditoriale représentait un tel coût cognitif que le résultat n’en valait pas l’effort. De plus, les élèves étaient toujours très bien formés. Bref, la gazelle s’en est allée 🙂

Avant de se lancer dans de tels changements posons nous ces questions:

  • Quels sont les objectifs de ma formation ?
  • Quels coût cognitifs ?
  • Quid du maintien en condition ?

😉

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